Implantologie > La chirurgie pré-implantaire







 

1. Pourquoi opérer ?

 

La mise en place d’implants dentaires au niveau des maxillaires nécessite la présence d’un volume osseux suffisant. En cas de manque d’os, il est nécessaire de réaliser une augmentation de son volume par greffe osseuse.

Cette greffe peut être posée soit en apposition au maxillaire ou à la mandibule, soit à l’intérieur du sinus maxillaire (intervention appelée : « soulevé ou greffe de sinus »).

 

2. Comment se déroule l’intervention ?

 

Greffe osseuse sinusienne

 

Le prélèvement osseux : trois sites de prélèvement sont possibles, le choix du site dépend de chaque cas et est discuté lors de la consultation avec le chirurgien.

 

1) Prélèvement crânien

Une incision est pratiquée dans le cuir chevelu. Le prélèvement est effectué sur la couche osseuse superficielle de l’os crânien respectant la couche profonde qui protège le cerveau. Ce prélèvement est pratiquement indolore et ne laisse pas de cicatrice apparente.

2) Prélèvement osseux iliaque (hanche)

L’incision est située au niveau de la crête iliaque et laisse une petite cicatrice. Ce prélèvement est souvent douloureux et gêne la marche et la pratique du sport pendant une quinzaine de jours.

3) Prélèvement mandibulaire

Greffe osseuse maxillaire réalisée à partir d’un prélèvement mandibulaire

 

Il est réalisé au niveau de la mâchoire inférieure soit dans la région du menton soit au niveau de l’angle des mâchoires. L’incision se situe au niveau de la gencive.

 

La greffe osseuse proprement dite :

L’os est placé soit sous forme de petits blocs soit sous forme de broyat. Selon les cas, un biomatériau synthétique peut être utilisé en complément.

La fixation de l’os greffé se fait soit par simple impaction, soit à l’aide de plaques et vis en titane.

La cicatrisation muqueuse est obtenue en 8 à 15 jours. Un petit retard de cicatrisation est parfois observé au niveau de la gencive, ce qui justifiera une poursuite des soins locaux jusqu’à cicatrisation complète.

Après l’intervention, le port de la prothèse dentaire au niveau de la zone greffée ne sera autorisé qu’après accord du chirurgien.

Il est nécessaire d’attendre 4 à 6 mois avant de pouvoir mettre en place les implants. Un scanner sera habituellement réalisé avant le temps implantaire afin de contrôler le volume osseux obtenu.

 

3. Suites opératoires habituelles

 
  • Limitation de l’ouverture buccale : fréquente pendant quelques jours.
  • Un oedème facial est habituel et parfois associé à des hématomes (« bleus ») des joues dont l’importance et la durée sont très variables d’un individu à l’autre.
  • Douleurs : variables mais le plus souvent modérées. Un traitement antalgique sera systématiquement prescrit.

 

4. Soins post-opératoires

 
  • Hygiène buccale essentielle. Des bains de bouche sont prescrits. Après chaque repas, les dents et les gencives devront être nettoyées avec une brosse ultra-souple (dite chirurgicale). Le jet hydropulseur peut également être utilisé, en réduisant le réglage de son jet au minimum.
  • Eviter les efforts de mouchage importants et violents pendant les premières semaines. en cas de greffe osseuse sinusienne.
  • Régime lisse, alimentation molle, tiède ou froide pendant les premiers jours. Il faut éviter une nourriture chaude, très salée ou très acide.
  • Tabac : à proscrire formellement avant et après l’intervention.
  • Prévoir des poches de glace à appliquer surtout les 2 premiers jours afin de limiter l’oedème et les douleurs.
  • Ne pas pratiquer de sport de contact ou à risque de chute pendant 6 semaines.
  • Les points sur votre gencive sont résorbables (disparition en 3-4 semaines).

 

5. Les risques

 

Tout acte médical, même bien conduit comporte un risque de complications. Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec l’équipe chirurgicale qui vous a pris en charge.

 

a) Au niveau du site de prélèvement

 

Le prélèvement osseux est une opération parfaitement réglée et les complications sont exceptionnelles.

 

1) Prélèvement crânien :

  • Risque d’hématome crânien qui pourra entraîner la réalisation d’un scanner en urgence en cas de signe clinique particulier et une évacuation secondaire.
  • Perforations accidentelles de la couche osseuse profonde. Un traitement adapté est alors immédiatement appliqué.

2) Prélèvement osseux iliaque :

  • Risque d’hématome ou d’infection (abcès) qui demandera éventuellement une évacuation secondaire.
  • Douleurs chroniques du site de prélèvement.
  • Troubles de sensibilité de la cuisse.

3) Prélèvement mandibulaire :

  • Risque d’hématome ou d’infection (abcès) qui pourra nécessiter une évacuation secondaire.
  • Troubles de la sensibilité de la lèvre inférieure. Ils peuvent persister quelques semaines, ne justifiant pas de traitement complémentaire. Le risque d’anesthésie durable est exceptionnel de l’ordre de 2 à 3%. Au delà de deux ans d’évolution, un trouble persistant de la sensibilité doit être considéré comme définitif.
  • Fracture de la mandibule impliquant une conduite chirurgicale adaptée.

 

b) Au niveau de la zone greffée

 

Le risque principal est l’infection de la greffe osseuse soit à partir du sinus en cas de sinusite post-opératoire soit par retard de cicatrisation de la gencive. L’apparition d’une infection nécessite un traitement antibiotique et parfois un curetage osseux. Cette infection peut provoquer la perte d’une partie de la greffe osseuse qui pourrait éventuellement entraîner la modification du plan de traitement ultérieur.

Ce risque est évalué à environ 5 à 10 % des cas. Il est très augmenté chez les patients tabagiques ou en cas de mauvaise hygiène bucco-dentaire.

Le système de fixation des greffes peut perturber la mise en place ultérieure des implants. Dans ce cas, son ablation sous anesthésie locale sera effectuée.

dernière mise à jour : 01.12.2014